Billet d’humeur #23 – War Photographer

« War Photographer » est un documentaire de 2002 qui a eu un énorme succès tant en termes de public que de critique. Suivi pendant près de deux ans, le photographe de guerre James Nachtwey éclabousse le documentaire de par sa vie, sa philosophie, son intelligence et surtout son équilibre mental.

War Photographer

 

Un récit sur les Hommes

 L’être humain a la particularité de s’inventer des héros, dieux, mythes, et autres démiurges. Pourtant lorsque l’on prend le temps de s’arrêter pour regarder droit dans les yeux le regard brillant, mais terrifiant du monde dans lequel nous vivons, nous pouvons y voir bien au-delà de notre imaginaire. Ni dieux ni maîtres ne sont au-dessus de James Nachtwey. Aucun oiseau ne le surplombe, et pas plus d’étoiles.

Considéré comme le plus grand photographe de guerre de l’histoire, Nachtwey est un homme. Un homme comme vous et moi. Comment pourrions-nous tenir en photographiant tous les jours la mort, la maladie, la tristesse, le génocide, la haine, la souffrance, la blessure, le KO, le pathétique, le tragique, l’horreur, l’enfer, bref la réalité ? Nachtwey n’a pas besoin de regarder les « oiseaux » de Hitchcock ou « les dents de la mer » de Spielberg pour développer son imaginaire. Tout est là. Au Rwanda, en Somalie, en Arménie, au Niger, aux Philippines… la liste n’est pas exhaustive. Il est partout. Seul. Avec une seule, arme… un appareil photo. Un appareil photo pour combattre. Dénoncer. Forcer les gens à avoir la même vison que lui, les forcer à ne plus fictionner la réalité pourtant bien visible à ses yeux.

 

Un récit sur un homme

Vous aurez compris que vous devez obligatoirement voir ce film. Mais le plus beau n’est pas le courage, l’abnégation et l’héroïsme dont fait preuve Nachtwey, mais bel et bien ses failles, ses faiblesses, et ses doutes. Inhumain et complètement robotisé au début du documentaire, Nachtwey devient progressivement James, étudiant brillant lors de sa jeunesse qui ne se destiné pas à cette vie. Je dis bien « vie » et non « carrière ». Car nous comprenons bien qu’il ne s’agit plus de carrière. C’est un sacrifice. Le sacrifice. Le seul véritablement honorable. Détruire sa propre vie, sa propre existence pour tenter, sans avoir la certitude de réussir (en ayant même quasiment perdu d’avance) de sauver des populations, des êtres humains anonymes et inconnus sans attendre de reconnaissance.

Le documentaire se veut au plus proche du photographe. Suivis sur le terrain, certains plans sont juste incroyables grâce à une petite caméra accrochée à l’appareil photo du protagoniste.

Nommé en 2002 à l’oscar du meilleur film documentaire, « War Photographer » est tout simplement à voir et à revoir.

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