NANAR CONNECTION #11 – CITY HUNTER

CITY HUNTER avec Jackie Chan

City Hunter

City Hunter

Lorsque la Golden Harvest décide de produire une adaptation de City Hunter avec Jackie Chan, ça donne un gros WTF sans aucun lien avec le manga éponyme.

 

C’est en 1993 que sortie l’adaptation live du manga City Hunter de Tsukasa Hojo, au cinéma. Cette transposition sur grand écran n’est pas une production japonaise. En effet, c’est Golden Harvest, l’un des distributeurs chinois, phares des années 80/90, qui a produit cette version.

Afin de vendre le film sur le marché international, la firme a choisi l’un de ses acteurs fétiches, Jackie Chan, pour interpréter ce fameux détective privé.

Pour rappel, le manga City Hunter, a eu un succès fou dans les années 80 et 90. Il a bénéficié de deux séries animées, de deux longs-métrages dont un officieux intitulé Mister Mumble et bientôt d’une adaptation française par Philippe Lacheau.

Ce Shonen est principalement dramatique, même si par moment, la comédie prend le dessus. Cependant, cela reste assez sombre et malheureusement, la version dont je vais vous parler est tout le contraire.

Pour résumer le film, les scénaristes ont pris les thèmes principaux faisant référence à City Hunter. C’est-à-dire, le fait qu’il soit un obsédé sexuel, le comique de situation et l’action. Ensuite, ils ont mixé le tout, puis ils ont enlevé des personnages centraux, fait des crossovers avec des sagas vidéoludiques et ont changé tout l’univers du manga.

Cela dit, je dois avouer que c’est assez délicat de l’estampiller nanar. Effectivement, la production avait annoncé après la sortie du film, que c’était une parodie. Toutefois, c’est tellement facile de dire cela. Honnêtement, je pense qu’ils ont voulu faire une adaptation à leur sauce, mais que le résultat fût très mauvais.

 

Une adaptation très différente du matériel original

 

Je me souviens encore d’avoir eu la cassette vidéo à mon anniversaire. J’ai du la regarder une bonne centaine de fois. Cependant, à neuf ans, bien que Nicky Larson soit l’un de mes animés préférés, j’avais adoré le film, car c’était Jackie Chan qui interprétait le héros.

Ce n’est que bien plus tard, lorsque je me suis vraiment intéressé au manga, que j’ai revu cette adaptation et je suis tombé de haut.

En plus de s’écarter totalement du matériel d’originel, le film part en live total au bout de dix minutes.

Tout d’abord, nous ne retrouvons pas le personnage de Mammouth, ensuite beaucoup de noms sont modifiés tels que Kaori qui devient Carrie en VO et Sonia en VF. Mais aussi Saeko qui s’appelle Anna. On arrive tout de même à se repérer et à placer les personnages.

Par contre, l’histoire de Kaori est très nettement modifiée, car elle n’est plus la sœur de son co-équipier mort suite à une fusillade, mais la fille. Du coup, Nicky, l’élève, la voit grandir et cette dernière tombe amoureuse de lui. Cependant, notre héros n’est pas du tout intéressé et préfère avoir toutes les autres filles.

Autre point concernant les grosses différences, les dessins qui sont représentés au début et à la fin, ne sont pas du dessinateur original. Ça veut se jouer fidèle, mais ça ne l’est pas.

Jackie Chan ne sait plus où donner de la tête

Jackie Chan ne sait plus où donner de la tête

Un Jackie Chan en roue libre

 

À cette époque, Jackie Chan était une immense star. Il n’avait pas encore son entrée à Hollywood, mais était connu internationalement. En plus d’être un comédien remarquable, c’était un réalisateur bluffant. Je vous conseille d’ailleurs, Big Brother ou encore Police Story 2. Lorsque City Hunter s’est tourné, elle avait trois franchises à son actif et jouait pratiquement quatre ou cinq films par an. De plus, c’était la pépite de Golden Harvest, qui a rempli en parti ses poches grâce au trio Sammo Hung, Jackie Chan et Yuen Bio.

De ce fait, il était l’homme providentiel pour interpréter Ryo Saeba. Malheureusement, bien que l’action et la comédie soient dans ses cordes, il ne correspondait pas du tout au personnage.

Il joue l’obsédé sexuel tout au long du film, comme si les scénaristes n’avaient retenu que cela du héros. D’ailleurs, le réalisateur en profite pour faire des gros plans poitrine assez régulièrement.

Et le plus fou, c’est lorsqu’il fait son trip Street Fighter 2. En effet, vers la fin du long-métrage, il se retrouve dans une salle arcade et doit affronter le bras droit du méchant. Après avoir été propulsé sur la borne de Street Fighter, toutes les personnes se trouvant dans la salle se transforment en personnage du jeu. Oui… À ce moment-là, il n’y a plus de limites.

Nous retrouvons, Chung Li, Guile, ou encore Ken. C’est clair que l’on n’a jamais vu une adaptation aussi fidèle du jeu vidéo en live. Mais ce n’était pas le but du film.

Jackie Chan en mode Chung Li

Jackie Chan en mode Chung Li

 

Des Méchants Occidentaux

 

Qui dit Golden Harvest, dit forcément acteurs occidentaux experts en arts martiaux, n’ayant pas pu faire carrière à Hollywood. Richard Norton en est la preuve.

Le copain de Chuck Norris, ceinture noire en Zen Do Kaï, a commencé sa carrière en tant que bodyguard pour les stars avant de devenir cascadeur, puis comédien de second plan. Sa carrière de Movie Star débutera en Chine et il jouera dans de nombreux films avec d’autres compatriotes occidentaux tels que Cynthia Rothrock, Benny Urquidez ou encore Gary Daniel.

Dans City Hunter, il interprète, le rôle MacDonald, un voleur, qui, avec son équipe a pris le paquebot en otage.

Son personnage est plutôt efficace, malheureusement, lors du combat final, c’est une catastrophe.

Voyant la rapidité des coups de Jackie Chan et sachant que la chorégraphie était dense et dangereuse, il décida de n’effectuer aucune cascade. C’est alors que l’on assiste à un combat, certes, très bien chorégraphié, mais sans saveur. De plus, le cascadeur ne ressemble en rien à l’acteur.

Deuxième comédien pratiquant les arts martiaux… Gary Daniels. Sa carrière à Hong-Kong sera courte, il exercera ses talents aux USA chez P.M Entertainment, dans des films où l’interprétera souvent des rôles de policier. Mais aussi, dans de nombreuses séries B et Z de d’autres firmes. Dernièrement, on l’aura vu dans l’adaptation live de Tekken ou encore dans The Expendables. Concernant City Hunter, son rôle est minime, il interprète le bras droit de Richard Norton. Après une scène montrant sa souplesse extrême, il sera étiqueté méchant bien neuneu durant tout le film. Jusqu’au moment où il interprète le rôle de Ken et là il est fantastique.

 

Troisième et ultime comédien… Mike Abbott. Non, vous ne rêvez pas, c’est bien celui qui crie « PHILIPPE !!!! » dans le légendaire « Hitman The Cobra ». Abonné aux nanars, l’acteur se voit pour une fois attribuer un rôle dans lequel il joue assez longtemps pour que l’on admire son jeu. Bon, il ne parle pas et se fait tuer d’une façon ringarde… Comme d’habitude.

L'expression du visage, c'est ma grande passion

L’expression du visage, c’est ma grande passion

Conclusion

 

Bien, évidemment, nous retrouvons quelques références dont le fameux coup de la massue et certains personnages que l’on reconnaît malgré le changement de nom, mais c’est tout.

City Hunter est devenu culte avec le temps, mais ça n’a strictement rien à voir avec le manga. Toutefois, je vous conseille de regarder Mister Mumble, qui est une transposition officieuse mais beaucoup plus fidèle.

 

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